3ème auberge et suite de la ville...

17/05/2014 - Pays : Argentine - Imprimer ce message

Bon, comment décrire ce réveil difficile... Nous avons très peu dormi, le bruit dans cette auberge est un supplice... Si tu ne veux pas faire la fête et dormir, tu peux tout de suite oublier cette idée. Endormi vers 23h, ce ne fut pas trop difficile de trouver le sommeil car nous étions tous les 2 fatigués, et la soirée de nos voisins n'avait pas encore commencée... Ce n'est que vers 1h30 ou 2h que les choses ce sont compliquées... La fête ne fait que commencer à cette heure ci, mais non pas dans l'espace commun de l'auberge prévu à cet effet, plutôt dans la chambre juste à côté de la notre. Nous sommes séparés par un petit mur de briquettes et une porte vitrée... Autant dire qu'on essaye de dormir dans une salle des fêtes... Musique à fond, papotage et hurlements et chants atroces... Et mais attendez, c'est quoi les paroles... Ah oui, ce sont des compatriotes français à côté... de quoi nous énerver encore plus !! On tourne en rond mais on résiste, on ne va pas passer pour les vieux cons un vendredi soir, surtout qu'on s'en va demain. On tourne donc en rond. Notre coloc' française rentre à son tour, il doit être 3h bien tassé, peut être 4. Elle ne prend pas le temps de se déshabiller, que nous l'entendons ressortir, aller frapper à la chambre voisine et demander aux autres de se taire... Première fois ils rigolent, deuxième fois, ils coupent la musique. On a presque envie d'aller l'embrasser tellement ça nous fait du bien aux oreilles. Mais ce n'est que de courte durée, 5 minutes après, c'est reparti et c'est encore pire... AAAaaahhHH !! Pour arranger ça, Carole a ses démangeaisons qui la reprennent. Elle s'occupe donc en allant sur internet. Chose pas bien, elle cherche ce qu'elle pourrait bien avoir... histoire de vérifier que ce n'est pas la dengue. Conclusion plausible, la gale !! Ahah, non, ça doit être une réaction allergique ou une bête ou la fatigue, rien de bien méchant, on verra ça dans quelques jours... Ceci dit, pendant ce temps, un gars qui est entré dans notre chambre, on ne sait comment car l'entrée est sécurisé avec un code vient lui demander quelle heure il est. Mais c'est qui lui ? Il ne fait pas parti de la chambre normalement... Carole lui répond tout de même. Puis il lui demande d'où elle vient et son nom. Ok, mais ce n'est pas trop le moment là garçon. Carole lui fait comprendre et il va s'asseoir sur un lit. 3 secondes plus tard, il la rappelle pour lui demander si elle veut aller discuter dehors. Il est sérieux lui... ça va pas non, il est 4h30 et il vient d'où ? Carole garde tout de même un œil sur lui, au cas où il se casserait avec notre PC, un téléphone ou toute autre chose... Bon il s'endort comme une merde sur un lit, tant mieux. Gwéna l'a aussi remarqué et le regarde aussi du coin de l'oeil... Ah, Alleluïa, il est 5h30, la musique vient enfin de se couper... Enfin nous allons pouvoir dormir un peu tranquillement !! L'envie ne nous manque cependant pas d'aller tous les réveiller dès 8h du mat' !! On précise qu'en parlant dans le couloir hier à 17h, on a frappé à une porte de dortoir car on faisait trop de bruit, quelqu'un faisait sa sieste, oui oui, à 17h, silence complet. Par contre à 5h, nooooon !!

8h30, nous sommes dans la salle de petit déjeuner. Le gars qui est censé les préparer est au radar ce matin et nous attendons donc longtemps, le temps qu'il discute aussi avec ceux qui viennent d'arriver, ceux à qui on a clairement envie de casser les dents à cause de la nuit qu'ils nous ont fait passer. 2 tranches de pain de mie, un croissant et un café, de quoi nous remettre d'aplomb. Gwéna continue l'article de la veille et publie sur internet, pendant que Florence se connecte sur Skype. Du coup, on va passer un petit coup de fil. On restera pas loin d'une heure à discuter. Vers 10h, Carole part faire sa toilette et revient vite, un gars a vomi dans le lavabo de la salle de bain cette nuit, et c'est pas cadeau. On va attendre que la femme de ménage passe par là. Pendant ce temps, pas de soucis, on fait les sacs... Et oui, nous déménageons de nouveau dans un endroit certainement pas moins calme ni moins propre, mais moins cher. Il nous faudra une petit heure pour tout boucler et finir par réussir à faire notre toilette. Nous rendons les draps, récupérons la caution, et en route pour une nouvelle maison...

Sur la route, et merde, on a oublié le beurre dans le frigo. Gwéna pose son sac en pleine rue, Carole l'attend et il retourne à l'auberge. C'est là qu'on se dit que les 2 portes sécurisées à passer ne servent strictement à rien... Il revient quelques instants plus tard,et on continue dans la rue. Nous sonnons, montons et retrouvons Savannah, la française de l'accueil. On lui explique que nous avons vu moins cher sur internet, elle a eu des désistements et du coup, on peut passer en dortoir 10 lits à 70 pesos. Le temps qu'elle fasse toutes les modifications, on pose nos sacs, et on rencontre un des 2 patrons, Maurice, israëlien. Bon, ça à l'air encore très détendu ici, tout le monde fume partout, et Savannah nous confirme qu'ici aussi, c'est la bringue toute la nuit et la sieste toute la journée. Elle et son copain n'arrive pas vraiment à s'y faire, pas vraiment leur truc visiblement. Elle est d'ailleurs très sympa. Nous stockons nos sacs et nous sortons, on a une ville à visiter tout de même !!

Nous voici de nouveau dans la rue. Programme de la journée, la visite du cimetière. On en prend la direction. Nous avions pensé y aller en métro, mais finalement à pieds, ce n'est pas si loin que ça. On reprend l'Avenida del 9 de Julio, et on repasse devant le théâtre. Cette fois-ci, on décide de tenter notre chance. On entre. Le gars nous indique que pour les visites guidées, c'est sur le côté du bâtiment. Nous allons voir. En effet, on peut visiter le Théâtre, mais on va faire mieux que ça, on va plutôt acheter des places... Et oui, la visite est à 150 pesos, le spectacle à 40 (debout et tout en haut... mais quit à y aller, autant le faire bien)... Carole s'en sort plutôt pas mal en espagnol finalement, elle se fait comprendre. Nous voici donc les heureux propriétaires de 2 places pour un ballet El Corsario, et on se demande déjà si on a le droit d'y aller habillés avec nos fringues... Sinon va falloir qu'on trouve des fringues... Spectacle programmé pour demain soir. On est super contents et enthousiastes !! Ca va être trop bien !!

On continue... Nous arrivons au bout de l'Avenida del 9 de Julio et oh surprise, ce magnifique bâtiment que nous voyions de loin n'est autre que l'Ambassade de France... Ils ne sont vraiment pas à plaindre, l'un des meilleurs emplacements de la ville. On continue et nous voici désormais face à un marché artisanal... Et bien, cette journée est plutôt agréable. Il ne fait pas très chaud, mais le soleil est doux. On passe au travers de la Feria et nous voici à côté du cimetière. Avant d'y aller, nous visitons la petite église blanche qui est à côté. Rien de bien fou, mais tout de même joli. Allez hop, en route vers notre point. A peine entré, on se fait interpellé par une nana. On pense que c'est elle qui fait les visites guidées gratuites. Ca ne nous branche pas trop mais pourquoi pas... Au pire, on lui dira qu'on ne veut pas. Et merde, c'est une nana qui vend une brochure. On dit qu'on ne parle pas espagnol, un peu anglais mais pas trop et voilà qu'elle nous parle en français... Grrr !! Ah oui, mais désolé, on vient pour la visite guidée et ce n'est pas maintenant, on repasse après et on verra ça hein !! Salut !! Roh les menteurs... et oui, on ne fait que ça, pas bien... Pour le coup, on repart, et plan B, le musée des Beaux Arts. Celui-ci est juste à côté. Avant ça par contre, il est 13h, on mange. On trouve sans trop de peine un petit supermarché. Du pain, du jambon, du fromage et des chips avec des bananes, parfait pour un pique nique au soleil. On fait le tour du cimetière pour vérifier qu'il n'y ait pas une autre entrée et on arrive dans un petit parc à côté de la Feria de tout à l'heure. On s'installe non pas dans l'herbe car Carole a assez de boutons comme ça, mais sur un petit banc, bien au dessus des fourmis qui tournent autour de nous... Depuis qu'on a lu un truc sur la réincarnation en fourmi, on a presque envie de les nourrir et de les aider. Ca nous fait mal au cœur de les écraser... Nous avalons nos sandwiches au soleil et après un tir de poubelle raté pour Gwéna on file vers le Musée. On entre et on a encore le droit à une visite gratuite. L'accès à la culture est au top dans ce pays... Enfin du moins la capitale. Il y a plein de salles et dans tous les sens. Il y a beaucoup de vieilles sculpture plutôt jolies et pour certaines très connues. Il y a aussi surtout plein de sculptures de Rodin... Sans oublier des peintures de Degas, de Monet, de Gauguin, de Van Gogh et bien d'autres... Super sympa ce musée, ça nous a redonné goût à tout ça !! Nous faisons donc les salles du rez de chaussée et on découvre une œuvre pour le moins étrange, un bébé qui tient la tête d'un homme, mais que la tête... étrange. Et Carole est contente aussi car une des nanas peintes sur une toile a de la cellulite !! Puis nous passons à l'étage. Ce sont des caricatures de grandes œuvres d'art. Ca doit être un artiste satirique espagnol ou argentin très connu et qui même nous nous fait rire bien que tout ça soit en espagnol. Nous faisons le tour et nous décidons de redescendre. Dernière salle que nus n'avions pas faite, une expo photo... Alors qu'en France on parle de la théorie des genres et qu'il faut faire scandale pour le moindre truc un peu décalé, ici, des hommes habillés en femme sont exposés, les photos sont magnifiques, et on se dit qu'une certaine partie de la population française ferait bien de se remettre les idées en place... On apprécie beaucoup cette expo qui est magnifique surtout une photo en particulier... Que nous n'avons pas prise en photo, ce serait un comble... Un homme qui sauve une de ses chèvres de la boue et qui la tient dans ses bras. Dit comme ça, c'est étrange mais le cliché était très intense...

Le tour est terminé nous ressortons de nouveau. Carole se sent de moins en moins bien. Elle a froid (il faut dire que le vent est glacial), mal au crâne et de nouveau boutons apparaissent sur son corps... Mais qu'est-ce que c'est que ça ? On ne s'arrête pas là pour autant, on est à côté du cimetière de Palermo alors on y va.

Nous entrons sans aucun problème, la nana qui vendait ses dépliants a du débaucher. Et une fois à l'intérieur, on ne sait pas par où partir. Il y a clairement des bâtiments qui se dressent devant nous. Chaque tombe est un vrai mausolée, des petites maisons, des chapelles, voir même pour certains des églises... La surenchère est de rigueur, c'est a celui qui exposera le plus son argent. Bien sur, ce sont des caveaux familiaux pour beaucoup... Le prix du mètre carré doit être affolant ici !! Nous commençons par les rues de gauche, oui car ici, on peut appeler ça des rues tellement c'est grand. Et nous commençons à découvrir les cercueils. Comme nous l'avions lu et déjà vu dans le nord du pays, les gens ne sont pas enterrés, mais déposé dans ces petites (ou grosses) constructions, et ainsi, il peuvent voir le lever du soleil pour l'éternité. La chose devient un peu plus glauque quand les vitres de ces mausolées sont cassés, et les tombeau en très mauvais état. Les rues ne sont pas très larges et la promiscuité devient flippante... Certains mausolées sont dans un état innommable ce qui donne une ambiance très particulière. Nous continuons et nous découvrons la tombe d'un ancien président, de petites chapelles, des sculptures toujours plus grandes, quand dans une allée, on observe un attroupement. Nous savons de suite où nous sommes. Il y a là la tombe d'Eva Peron et de sa famille... Elle est très fleurie et les gens y passent un long moment. Nous ne connaissons pas son histoire mais elle doit être un grand symbole pour ce pays encore et toujours en crise. Un peu comme la Lady Di de nos chers voisins. Nous prenons quelques photos, et laissons vite la place à tous ces gens qui y trouvent vraiment un sens. On continue donc de marcher en nous perdant dans les allées. De toute façon, nous ne connaissons pas les gens qui y sont ''enterrés'' si le terme est le bon. Alors on observe et on hallucine, c'est le mot. Il y en a même de trop pour le coup... C'est parfois étouffant, parfois surprenant, mais au final, on ne voit plus tous les détails comme au cimetière de Montevideo. Il y a aussi pleins de chats qui trainent partout. Est-ce que c'est parce qu'ils y trouvent de la tranquillité ou à manger ? Toujours est-il que quand tu vois un chat noir dans une construction toute détruite avec un cercueil dans un mauvais état, ça te fait tout drôle.... Autre question qui nous taraude, mais comment font-ils pour les odeurs ? Il faut y penser à ça, parce que même avec le cercueil, ça sent fort tout de même... Et il se trouve donc que chaque petite maison a son système de ventilation... Et arrivé un certain moment, ils descendent tout de même le défunt dans le sous-sol de la construction... Ce qui explique que certaines sont vides... Nous finissons notre tour et sommes surpris d'un tel lieu. A la fois beau, déroutant et flippant, mais aussi exubérant et dérangeant. Nous repassons le mur d'enceinte et nous revoilà dans le marché de Palermo.

On décide de rentrer. On passe donc a travers le marché et on voit des gens qui dansent d'autre qui jouent au baby foot, d'autres qui parlent ou encore qui font des exercices avec leur chien... C'est plein de vie... Contraste saisissant avec le lieu qui borde cette scène. On regarde notre carte, et on décide de passer par la gare ferroviaire pour y trouver des infos. En route. C'est finalement un peu plus loin que ce que nous pensions et nos jambes commencent à peiner. Mais c'est aussi pour la suite du voyage, alors on se donne du mal. Enfin arrivés là bas, on découvre un endroit un peu glauque. Il faut dire qu'il ne reste plus que trois lignes, alors les trains ce font plutôt rares. Il y a visiblement un point information, nous le cherchons. Ah, c'est fermé. On va donc voir au guichet... Et manque de bol, une junky schizophrène est assise sur le guichet et fait la manche. Avec notre espagnol bredouillant, on ne veut pas trop s'en approcher... Du coup, on écume tous les panneaux d'informations, et on finit par trouver le prix du billet pour aller à Tigre et les horaires. C'est donc assez d'infos. Par contre, impossible de savoir où se renseigner pour les trains qui partent en direction de Cordoba. On prend donc en photo l'adresse du site internet pour ne pas l'oublier, en espérant y trouver ce que l'on veut. Nous ressortons. Là, on hésite à aller à la gare routière voisine, mais nous savons que nous pourrons trouver ça sur internet, sur Plataforma10. Alors on zappe cette étape et on rentre. Un coup d'oeil sur le plan et... Oh la vache !! On est super loin de l'auberge !! On va devoir marcher une bonne heure... Et comme nous n'aimons pas spécialement les transports en commun... On est un peu têtus tout de même... On y va. On marche un loooooong moment en regardant de temps en temps combine de quadras il nous reste à parcourir. L'un comme l'autre nous n'en pouvons plus, on est vraiment fatigués. Il faut dire qu'on n'a pas vraiment passé de bonnes nuits ces derniers temps.

En route nous passons au travers d'un marché avec une scène et des musiciens qui jouent, et surtout il y a plein de gens qui dansent. Nous pouvons donc découvrir une forme de tango de rue, un joli moment.

Nous voici enfin à l'auberge... découverte d'un nouveau lieu, encore une fois. Savannah n'est pas là. Du coup, c'est d'autres personnes qui nous accueillent et nous montrent notre chambre. On découvre donc une grosse colonie de français qui grouille dans cette auberge... C'est fou ça, on doit être sacrément radins, ou fauchés pour tous fréquenter les auberges les moins chers des villes. On découvre notre dortoir 10 personnes au 2 ème étage, en face de la chambre du staff, on ne devrait pas être trop emmerdé. Nous redescendons nous installer sur une table car nous avons un article à taper. Nous nous retrouvons forcement à côté de deux français, nous les reconnaissons facilement quand ils sortent une bouteille de rouge. Il nous invite à se joindre à eux avec Savannah et son copain François. Nous voilà partis pour une longue soirée à base de rouge, de bière, de pâtes trop cuites et de jambon. Nous partageons tous notre repas en discutant de tout et n'importe quoi. Et dans le genre n'importe quoi nous avons entendu du costaud. Une dame qui vit à l'auberge (au moins 40 ans car elle aurait une fille de 20 ans), vit ici pendant quelques temps pour écrire un livre. Jusque là tout va bien, elle ne fait rien d'autre de ses journées donc elle est financée par ses parents, bon ok, toujours rien d’exceptionnel. Venons en au thème du bouquin ''Jésus serait un alien'', ola, cela se complique... Et maintenant le plus flippant... Elle écrit sur ce thème car elle est convaincue d'être la réincarnation d'un apôtre !! On vous avait promis du lourd !!

En cours de soirée la police débarque dans l'auberge, ici tout se fume et un mec à fait un petit malaise après avoir trop fumé. Quelqu'un dit en rigolant qu'il faut appeler une ambulance, sauf qu'une fille a vraiment téléphoné aux flics en pensant bien faire. Pas au goût de tout le monde, qui ont pour la plupart de l'herbe dans les poches.

Bref nous finissons notre soirée à 2h30 et nous allons au lit, et merde, nous sommes les derniers à nous coucher et comme des connards nous n'avions pas fait nos lits. Nous faisons le moins de bruit possible et nous nous endormons sans peine. Bonne nuit.



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Buenos Aires
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