Au travers de la Cordillères des Andes

02/06/2014 - Pays : Chili - Imprimer ce message

Une nuit courte après s'être regardé le film The Monuments Men... Chouette film !! Par contre à 5h15 quand le réveil sonne, aïe aïe aïe !! Carole se lève puis réveille tranquillement Gwéna. Doucement on émerge et on va dans la cuisine en espérant retrouver Antonia le gros chien, et pouvoir lui dire au revoir... C'est raté !! On ne sait pas où elle dort, en tout cas, elle n'est pas là. Café, sucre et lait en poudre, trempé dans notre reste de cake qui a goût de madeleine et nous voici à faire notre toilette et notre sac à tour de rôle. Carole prend sur elle pour masquer son stress, elle a peur d'être en retard. On a entre 45 minutes et 1 heure de marche normalement... Gwéna lui, se pose des questions, il a un mal de dos intense, ce qui va rendre les choses très difficiles... Carole s'en inquiète car ça fait quelques jours déjà. Il faut dire qu'on ne dort pas sur de très bons matelas non plus.

Allez en route, on ouvre la porte d l'auberge avec la clé qu'on nous a indiqué hier, car personne n'est levé, et on prend la route de la station de bus, dans la nuit. Il ne fait pas très chaud, mais nous avons mis nos manteaux, donc avec la marche, on ne tarde pas à se réchauffer. Arrivés au 2/3 du chemin, Gwéna rassure Carole en lui montrant l'heure, on est large... On retire aussi nos K-Ways, et Gwéna en profite pour reposer un peu son dos. En passant devant des vitrines, on se rêve sur une mobylette avec une petite benne à l'arrière, pour transporter nos gros sacs... Et notre chien à la maison !! On chantonne même un air des NTM « Je t'emmène mène mène, dans ma benne benne benne... ». On est contents, on va quitter cette ville où il n'y a rien à faire pour découvrir de nouveaux horizons. Et ce matin, on doit traverser les montagnes, et pas n'importe lesquelles...

Nous voici arrivés à la station. Nous avons 15 minutes d'avance sur le ¼ d'heure d'avance qu'on nous a dit d'avoir... On s'installe et on retire nos sacs... Pfiou, on se sent moins lourds. Au petit matin comme ça, ça réveille les hommes.

Quinze minutes passent, on nous dit d'aller charger nos sacs. Le gars réclame encore sa monnaie, alors que nous avons chargés nous même les sacs... Saleté !! Et il se trouve en plus que c'est le chauffeur, de quoi bien énerver Carole... Celui-ci part bien à l'abri pour prendre son petit café, et nous laisse poireauter dehors au moins 15 minutes, il doit faire entre 0 et 5 degrés. Et pas de manteaux, on les avait rangé dans le sac de Gwéna pour ne pas être encombrés dans le bus.. Saleté !! Personne à l'horizon, et Carole ne fait que râler. Il faut dire qu'on s'est levés tôt, on a marché longtemps, il fait froid, nous sommes crevés et nous n'avons quasiment rien mangés... Dur ! 7H30, enfin on grimpe dans le minibus... On chope les 2 places les plus à l'avant pour que Carole puisse voir la route, et on essaye de se réchauffer. Difficile, la porte est grande ouverte et la ventilation froide souffle dans l’habitacle... Carole n'en peut plus, Gwéna n'y peut pas grand chose et en plus, son dos le tiraille, mais il n'en dit pas mot. Au bout de 10 nouvelles minutes d'attente, enfin nous partons...Et bien !!

Le début de la route est long et froid. La ventilation souffle encore fort. Carole se blottit sur les genoux de Gwéna et tente de dormir. La conduite musclée ne rend pas les choses faciles mais en se mettant tous les 2 en boule enchevêtrées l'une dans l'autre, on parvient à se tenir chaud. Quand enfin... Alleluïa !! un petit courant chaud apparaît dans le véhicule... Du chauffage !!! Nous revivons. Nous pouvons retirer notre bonnet et nous décrisper un peu, la route paraît tout de suite un peu plus agréable. Carole fait tout de même un petit somme par dessus Gwéna qui s'est affalé sur ses genoux et qui dort aussi. Quand nous nous réveillons, nous sortons de la ville, et des montagnes commencent à apparaître devant nous, au bout d'une longue plaine. Le spectacle promet d'être magique.

Le soleil commence à se lever et le ciel prend une couleur dorée et orangée... Waouw !! Pour l'instant, ce ne sont que de petites montagnes... Et plus la route défile et plus les paysages nous laissent sans voix. Alors c'est ça les Andes... Des canyons, des pics de neige, de la terre rouge, des bandes jaunes qui se déroulent sur l'asphalte, et un ciel qui n'en finit pas de nous donner toutes les couleurs de son aube. Les appareils photos ne finissent pas d’emmagasiner les images pour tous les passagers du vans, nous inclus.

 

Les Andes au réveil Les Andes au réveil Les Andes au réveil

Les Andes au réveil La RN7, route des Andes Les Andes au réveil

Les Andes au réveil 

 

Au bout d'une heure trente, le chauffeur décide de faire une pause, ça doit être la dernière station essence avant la frontière. Il remplit le réservoir et s'absente de nouveau pendant pas loin d'une demi heure.... Si à chaque fois qu'il prend un café il faut qu'il aille faire caca, c'est pas très rentable. Finalement, nous repartons, sans être descendus du van car le froid de dehors nous a refroidi, c'est le cas de le dire. Les gelées commencent à apparaître sur les banquettes. La route continue son spectacle incessant, mais dont on ne se lasse pas. C'est toujours de plus en plus beau. Quand ça se calme un instant, les yeux de Carole se ferment tous seuls, avant d'être réveillés par Gwéna « désolé, mais là, c'est vraiment trop beau pour dormir, tu ne dois pas louper ça... » Et pour le coup, il a raison, apparaît devant nous, un pic blanc éblouissant de soleil, entouré de monts de terre, avec en bas, des espèces de canyons et de minis collines qui alternent dans un bordel organisé. Ce que nous voyons est indescriptible, et nous prenons alors tous deux conscience que nous sommes en train de traverser la cordillère des Andes, celle qui nous paraît si loin de France, et ce pendant un lever de soleil magique. Ah qu'est ce qu'on est contents que notre réveil est sonné aussi tôt !!! Il y aussi l'ancienne voie ferrée qui oscille au milieu de tout ça, avec de vieux ponts d'acier et de vieux tunnels creusés dans la roche. On s'amuse à suivre les rails quand on le peut. Il y a aussi un lac qui apparaît au milieu de tout cela puis plus loin, après être grimpés un long moment, des stations de ski. Fermées encore mais elles font saliver Gwéna qui en rêve depuis la Mongolie.

 

Les Andes, de Mendoza au Chili Les Andes au réveil Les anciens ponts ferrés de la RN7

La RN7, route des Andes Les Andes au réveil Les Andes

Les Andes Les Andes Les Andes

 

A 12h15, nous voici enfin à la frontière. Laquelle ? Et bien encore une fois, ce sont les 2 regroupées dans un même point. Nous restons un petit moment dans le van le temps que deux gros bus passent avant nous. Puis le chauffeur nous demande de descendre avec nos papiers direction les bureaux. Nous voici maintenant dans les locaux, sans chauffage, les douaniers en tenue de ski. Il y a avec nous dans la salle un labrador de la douane, ce doit être un jeune chien, il est tout fou mais fait son travail en passant à travers la foule avec son gros nez qui sent tout. Nous passons au premier bureau pour valider notre sortie de l'Argentine, puis nous passons à celui de derrière. Nous avons un peu plus d'attente de ce côté mais nous recevons notre tampon sans difficultés. Nous pouvons maintenant ressortir et attendre, attendre quoi ? Nous ne savons pas. Nous en profitons pour faire un petit tour aux toilettes (sans eau, tuyauteries gelées) et manger notre salade de riz que nous avions préparés. Carole part dans une petite boutique, elle a une envie de gâteaux. Elle demande un paquet et la fille lui annonce 1000 pesos chiliens, désolé nous n'en avons pas. Elle lui demande alors 25 pesos argentins. Carole cherche de la monnaie mais nous n'avons que 24 pesos en monnaie. La fille ne lui fait même pas cadeau du dernier pesos. Elle ressort et explique le truc à Gwéna qui tique immédiatement. Il sort son téléphone pour faire la conversion, elle a tenté de nous arnaquer. Le paquet de gâteau coûte 1,33€ en chilien et 2,20€ en argentin... Saleté va !!

 

La frontière chilienne La frontière chilienne

 

Nous pouvons enfin remonter dans le van, les deux bus de devant sont partis. Notre véhicule avance dans le hangar et se stoppe de nouveau, nous devons tous descendre. Nos sacs sont déchargés et scannés, nous devons nous même tous nous aligner devant une table avec notre bagage à main devant nous. Nous voyons tous les sacs passer, les notre sont posés sur un chariot et les autres restent au bout du scanner, et merde c'est encore pour notre gueule. Mais non, un douanier les prend et les remet dans le van, la fouille sera pour les autres voyageurs. Un douanier s'approche de nous, parle à notre voisine et cache un truc dans son bagage à main avec son accord. Nous ne comprenons pas vraiment ce qu'il se passe jusqu'à l'apparition d'un autre labrador. C'est donc un entraînement. Nous aurions aimé que ce soit dans notre sac pour pouvoir caresser ce gros toutou tout fou. Puis un autre douanier vient et nous parle en français, il a fait des études à Bordeaux. Nous passons un long moment à regarder les autres se faire vider les valises puis nous pouvons enfin regagner le van. Il était temps, il fait vraiment froid et nous ne sommes pas couverts. Il faut dire que le poste frontière est à une altitude au dessus de 3500 mètres !! C'est enfin reparti après une heure et demi d'arrêt. Nous nous lançons maintenant dans une grande descente en lacets parmi des centaines de camions que nous doublons n'importe comment dans tous les virages. Les paysages ne sont pas plus impressionnant de ce côté, nous en profitons donc pour nous reposer encore un peu. La route défile, les kilomètres aussi. Nous découvrons petit à petit le Chili. Au premier abord, c'est un peu plus sale, il y a des déchets partout, et en arrivant près de Santiago une brume couvre la ville, de la pollution peut être ? Mais les champs de vignes et de toutes les couleurs nous font apprécier le changement de pays.

Nous arrivons enfin en ville à la gare routière, un gars attend pour décharger nos sacs et nous faire payer le déchargement. Gwéna lui passe devant et enfile directement son sac au cul du camion pour qu'il soit à hauteur et lui éviter de se casser le dos encore une fois. Carole récupère également son sac vite fait avant qu'il ne le touche, puis nous filons en nous assurant être au bon endroit. On nous indique alors de prendre le métro pour rejoindre le centre ville. Bon, avant ça nous faisons trois fois le tour de la gare pour trouver une office de tourisme, nous demandons à plusieurs personnes qui nous envoie vers un autre bâtiment mais sans succès. Nous sortons le guide et nous en trouvons une dans la ville proche de la rue où nous voulons aller pour trouver une auberge. Nous passons par la case distributeur, les conversions ne vont pas être simples ici, il faut diviser par 750 pour avoir un prix en euro.

Nous prenons le métro et sortons sept stations plus loin. Nous demandons notre route une fois de plus à une dame très sympathique et nous arrivons face à l'office de tourisme. Celle ci est située au deuxième étage d'un château (ou presque). Nous devons nous enregistrer avant d'accéder au parc et nous voilà devant le bureau. Nous entrons difficilement tous les deux avec nos sacs mais ça passe, Gwéna devra même ressortir en marche à recul, il ne pouvait pas faire demi tour. Nous avons juste une méga carte pas pratique et l'adresse d'une autre office de tourisme pour avoir plus d'infos, super. Par contre, nous sommes juste à côté de la rue qui nous intéresse, mais pour la rejoindre nous devons passer à travers plein de jets d'eau qui arrosent la pelouse, nous en prenons plein la tronche au passage. Au jeu des lasers, Gwéna serait meilleur que Carole...

Nous voilà dans la rue, reste plus qu'à trouver le numéro 2514. Et comme nous nous en doutions, nous ne sommes pas du bon côté. 17 quadra plus tard, et un mal de dos sans nom pour Gwéna, nous arrivons enfin face à l'auberge, nous entrons, nous réservons et la fille nous emmène dans la chambre. Nous sommes dans un dortoir douze lits mais king size sur trois étages, une grande première pour nous... L'auberge est toute neuve et hyper design, chaque lit à sa prise, sa lampe et une douche dans la chambre, c'est vraiment chouette. Petit détail, il ne doit pas faire quinze degrés dans la chambre comme dans toute l'auberge d'ailleurs. Ils ont du zapper les chauffages pendant les travaux. Nous posons les sacs et nous ressortons aussitôt pour trouver à manger. Nous allons faire des courses et aussi la découverte des grandes surfaces chiliennes. Nous sommes très surpris des prix qui nous paraissent assez bas, 4 euros le poulet rôti entier pour un pays qui nous a été décrit comme très cher ça va. Nous avons quand même un doute si la TVA est comprise. Nous passons à la caisse et pas de mauvaise surprise, la bouffe n'est pas cher du tout.

Nous rentrons et nous retournons dans la chambre, nous faisons la connaissance de deux françaises et nous descendons dans la cour boire une petite bière. Mais au fait, quelle heure il est ici car nous avons déjà faim ? 17H20 !! Ah oui, nous avons reculé d'une heure c'est pour ça. Nous passons un bon moment à discuter autour d'une bière au citron et au sel... oui oui !! Etrange mais pas si mauvais. Puis nous partons manger. Nous rentrons dans l'auberge, et ça caille tellement qu'il ne fait pas plus froid que dehors. On précise qu'on a nos bonnets visés sur la tête. En entrant dans la cuisine, 2 personnes sont en train de manger en manteaux et avec des gants. Ils mangent quoi ? Une glace !! Si si... bizarre non ? Nous, on mange notre reste de salade de ce midi, et on entame notre poulet baguette mayo. Ce poulet, on en rêvait depuis une dizaine de pays traversés où les prix tournaient autour des 10€. On revit, c'est la résurrection de nos papilles... On avale un dessert pas bon, on fait la vaisselle et on file à la douche... Ah non, mais c'est quoi ça ? Y'a pas d'eau chaude... AAAaaahh !! Carole demande aux filles si c'est souvent comme ça. Visiblement uniquement pendant qu'il y a une machine à laver qui tourne. Bon, et bien patientons... Au bout d'un petit moment nous avons quand même de l'eau chaude. Une bonne douche chacun et au lit, on commence un film mais nous nous endormons devant. Nous n'avons même pas vu les premières vingt minutes du film. Et petit détail, un mec est venu nous installer un chauffage, un poêle à pétrole car il faisait vraiment trop froid. Et maintenant vu les odeurs de pétrole nous avons les fenêtres ouvertes. Et voilà nous nous endormons finalement au chaud et dans le même lit vue la dimension du matelas. 

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