En route pour la Chine

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21/11/2013 - Pays : Mongolie - Imprimer ce message

Le réveil est très dur pour Gwéna ce matin, il a eu du mal à trouver le sommeil hier soir. La nuit fut super agitée... L'autre grognasse d'américaine avait encore ouvert la fenêtre, donc ça a commencé par de la musique à fond dans la rue, puis des types (certainement éméchés) étaient en train de se hurler dessus. Avec des filles qui hurlaient également, une horreur. Puis l'Américaine, oui encore elle, s'est levée à 2h30 pour aller au toilette, en prenant bien soin d'allumer la grande lumière du salon. Gwéna se retrouve avec la lumière en pleine tête et fait un sursaut (peur d'avoir loupé son réveil). Donc forcément quand le réveil sonne à 5h30, ça pique. Carole est plutôt en forme mais manque un peu de sommeil. Dès que nous sommes levés nous sortons toutes nos affaires de la chambre. Carole prépare le petit dej pendant que Gwéna déménage. Café avalé, avec des tartines et de la confiture, direction la salle de bain. Nous pouvons enfin ranger toutes nos affaires. L'anglais s'est levé en même temps que nous, les deux suédois ne traînerons pas eux non plus. Nous sommes prêts les premiers. Nous avions fait exprès car vu que nous sommes cinq à partir ce matin, Zizou notre chauffeur devra faire deux tours, nous préférions être dans le premier départ. Zizou nous fait signe que c'est l'heure, ok c'est parti. Il fait aussi signe aux suédois, qui sont encore en train de déjeuner. Ceux ci avalent d'un seul coup leur thé brûlant, mais trop tard nous sommes déjà partis... Nous seront que deux au premier tour. Zizou nous dépose à la gare en moins de dix minutes. Arrivés sur place, Carole manque de tomber sur les marches verglacées de la gare (31h de train avec un genou en vrac aurait pu être drôle, pour Gwéna). Il y a quatre halls tous plus plein les uns que les autres. Nous attendons un peu dans le premier car nous avons une heure d'avance. Trente minutes avant le départ, Carole ne tient plus en place, il faut que l'on aille voir où est le quai. Nous traversons tous les halls, pas un seul panneau d'affichage. Donc nous sortons et arrivons sur le quai où un train est en attente. Nous demandons à un contrôleur « Beijing ? ». Réponse positive, reste plus qu'à trouver le wagon 11. Nous y sommes, première surprise nous sommes en deuxième classe, donc des compartiments de quatre personnes. Carole le savait, mais Gwéna ne voulait pas y croire. Nous sommes donc 4 par cabine, avec le même principe qu'en Russie, 2 lits en haut et 2 lits en bas. La seule différence étant que sur les lits du haut, il y a à la place de tenir assis. Bien sûr, nous sommes tous les 2 sur les lits du hauts, avec un petit compartiment à côté pour ranger nos affaires. Bon, on est obligé de vider un peu le sac de Gwéna parce que ça ne passe pas en hauteur. Une fois installé, on attend. Personne ne vient dans notre cabine... serions-nous tout seuls ? Faux espoir. 5 minutes avant le départ, un couple de jeunes mongols vient s'installer.

Le train part. Le contrôleur passe prendre nos billets et nous demande de quelle nationalité nous sommes. Français, bien évidemment. Celui-ci revient quelques instants plus tard, avec nos draps. On les pose sur les lits du haut, et on attend. Après tout, il est à peine 8h, on ne va pas se coucher. Nous sommes donc 4 en face à face, à regarder par la fenêtre. Nous comprenons vite qu'ils ne parlent pas anglais. La demoiselle décide alors de commencer à faire les lits. Il est 8h30. Bon, et bien on va s'y mettre aussi. On va faire notre première sieste. Gwéna se lève et commence à faire les lits. La demoiselle est un peu surprise. Carole se contente de mettre les housses d'oreillers. On monte et on s'installe. Finalement, en bas ils ne se couchent pas. Et ils sortent plusieurs boîtes tupperware. La première est rempli d'un genre de pot au feu qui n'a pas l'air dégueu, et la seconde de morceaux de cornichons qui remplacent notre vinaigrette française. L'homme se lève et nous propose du pot-au-feu. Il est à peine 9h du mat', on décline gentiment l'offre. Gwéna bouquine un petit peu, et Carole est déjà emportée par le sommeil. Gwéna ne tarde pas à la suivre.

2h30 plus tard on se réveille. On a finalement bien écrasé. On se lève et et on va dans le couloir voir le paysage. C'est plutôt chouette quand même. Bon, là, on est dans le sud de la Mongolie. Traduisez ceci par des plaines, des plaines et des plaines. C'est la région du Gobi, donc rien ne bloque votre regard vers l'horizon. On traverse quelques petits villages avec des yourtes, des petites maisons, des chiens et des vaches, et le train file tout droit, tout le temps tout droit.

Il est 12h30, l'heure de manger. On sort nos boîtes et nos pâtes, Gwéna va chercher de l'eau chaude, Carole fait la tambouille, et on s'installe en bas à côté de la table qu'on doit partager à 4. Bon, celle-ci est toujours accaparée par ceux du bas, mais désormais, on a l'habitude. On se fait une petite place et on avale notre repas. Sans entrée, sans dessert et sans pain. C'est alors qu'on se dit qu'on sera à la diète pendant tout ce trajet. Repas terminé, Carole se charge de la vaisselle. Autrement dit, elle met de l'eau chaude dans les boites, secoue les boîtes et va les vider dans les toilettes... Ok, c'est pas de la grande vaisselle, mais ça évite que les boîtes puent la mort au prochain repas. On retourne dans le couloir regardé le paysage et on tourne vite en rond. Bah oui, c'est des plaines, que des plaines... On retourne se coucher, et on bouquine, chacun de notre côté. Le train s'arrête, il est environ 15h. Belle occasion pour aller voir si avec notre reste de tugrik, soit 980MNT, on peut aller s'acheter des trucs à grignoter. Premier stand sur le quai, aucun prix n'est affiché... Tant pis. Carole va voir dans un petit magasin toujours sur le quai. Bon, même un kinder surprise c'est trop cher pour nous... On va donc abandonner notre idée. Nous remontons dans le train. Nos colocs sont partis, on ne sait où. Nous les voyons revenir un peu plus tard, une fois que le train est reparti, avec plein de trucs à manger... Pouah !! Y'aurait-il un wagon bar ? On ne sait pas, on a pas demandé...Chose est sur qu'ils sont revenus avec des chocolats. La jeune mongole se leve et nous en propose.

Pas besoin de poser la question deux fois à Carole, elle l'engloutie en moins de temps qu'il ne fut pour le dire (enfin pour le lire).

Nous avec 980MNT, soit à peine 0,42€, on va pas aller chier loin.

Carole se laisse emporter par le sommeil, Gwéna va voir le paysage qui est assez joli, avec un soleil qui décline. Une heure plus tard, Carole se réveille et essaye de réveiller Gwéna qui s'est endormi à son tout. Le coucher de soleil donne des couleurs assez belles... Il est 17h... Après quelques instants, Gwéna se réveille et on va voir le spectacle de l'autre côté du train, dans le couloir. On reste ici pas mal de temps... à regarder, et à dégourdir nos jambes. Vers 18h30, on se réinstalle dans nos lits, et on continue nos bouquins.

45minutes plus tard, on se réarrête, et cette fois-ci, pour le contrôle des douanes, côté mongol. On nous demande dans un premier temps nos formulaires concernant l'import ou l'export de marchandises. Mais que à nous, étrangers... Et oui, tous les autres ne les ont pas donné... Ensuite, une seconde personne vient nous demander nos passeports. On les tend, il vérifie, et repart avec. Désormais, une bonne heure d'attente est devant nous. Notre voisin du dessous est appelé par les douanes. On n'a pas compris pourquoi, mais ils avaient pas l'air contents... Il est revenu 15 minutes plus tard et a passé pleins de coup de fil. Carole s'est dit que si ça se trouve, c'est un ex-tôlard... Oui, imagination un peu trop débordante... On revient nous redonner nos passeports, le voisin a le droit a un petit monologue du douanier, étrange. Puis, une autre personne passe vérifier qu'on a tous notre petit tampon. Tout est bon, on repart au bout d'1h30.

Il est temps pour nous de manger, purée au menu ce soir... Enfin, poudre de purée à diluer dans de l'eau chaude, saveur bœuf pour Carole et poulet pour Gwéna. Miam , miam !!

15 minutes après notre départ, le train se stoppe à nouveau. C'est la douane chinoise. On se rassoie sur nos lits, histoire de ne pas être affalé, et on attend. Une première personne récupère les documents concernant l'import-export de marchandises. On attend de nouveau. Une autre personne vient récupérer nos cartes de migration et nos passeports. Et on attend encore. Quand soudain, le train repart. Moment de panique pour Carole qui a peur de ne pas revoir son passeport. Gwéna fidèle à lui-même pense que c'est normal et se remet à bouquiner. Après à peine 5 minutes, le train s'arrête et s'enchaîne alors une suite infinie de grandes secousses. Comme si on accrochait d'autres wagons ou bien que le conducteur s'amusait à avancer, reculer, piler... On se demande ce qu'ils font, et ça a duré presque une heure. Gwéna continue de bouquiner mine de rien, Carole perd sa ligne à chaque secousse... Etrange. Là, on avance de nouveau et retourne d'où on est venu. Nous nous retrouvons alors dans le garage à train. Après observation, Carole s'aperçoit que le wagon à côté de nous est un wagon appartenant à notre train... On comprend alors toutes ces secousses. Ils ont séparés tous les wagons, pour un genre de contrôle technique certainement. Face à notre fenêtre, il y a un grand poteau rouge. On se demande à quoi ça sert, quand soudain, on voit tous les gens du wagon d'en face venir à la fenêtre voir ce qui se passe, pendant que nous prenions de la hauteur. Ces gros poteaux rouges sont finalement des crics pour wagon... On se retrouve soulevé d'au moins un mètre 50. Gwéna pense qu'il cherche des clandestins, Carole, pour une fois plus cartésienne pense qu'ils changent les roues. Gwéna n'y croit pas, c'est pas possible. Alors, on va au bout du wagon. Étant détaché de l'autre, on peut voir ce qui se passe par la fenêtre. Nous voyons alors pleins de roues défilées sous le wagon précédent, puis sous le notre. Oui, ils ont bien changé les roues...(photos à l’appuie) Et pendant ce temps, un douanier vient nous rendre nos passeports. Il prononce les noms un par un. Nous attendons dans le couloir car nos 2 coloc se sont endormis. Arrivé à nous, il ne prend pas de risque à prononcer nos prénoms. « Two french passeport ?» « yes !! » et il nous tend nos passeports. C'est une autre paire de manches pour nos voisins endormis. Le douanier se met à gueuler.... Et ne les voyant pas bouger, il gueule encore plus fort avant de leur jeter leur passeport au nez... Quelle idée de s'endormir pendant un contrôle de douane.... Puis, nous redescendons tranquillement de notre hauteur. Après de longues minutes, ils attachent finalement les wagons de nouveau ensemble.

 

 

Changement de roues à la frontière chinoise... ...notre train en lévitation !!

 

Le train reprend la route et s'arrête 100m plus loin, dans la gare. Il nous reste encore plus d'une heure d'escale (sur 3h57 au total). Nous regardons par la fenêtre du couloir, car beaucoup de gens descendent et cours vers la gare, pour aller aux toilettes certainement. Car ceux ci sont fermés depuis le contrôle de douane Mongol. Donc fermés de 19h10 à 00h57... Nous décidons de sortir prendre l'air. Un fois sur le quai une musique anime le quai, la lettre à Elise, puis ce n'est qu'un au revoir... Avec un des contrôleur qui danse à côté du train. Scène étrange et drôle. Nous entrons donc dans la gare comme tout le monde. Gwéna fait un petit tour aux toilettes pendant que Carole fait un petit tour dans un magasin alimentaire de la gare. Décidément elle ne trouvera pas de chocolat à petit prix.

Nous retournons dans le demi train qui est sur le quai, car à notre grande surprise il manque la moitié des wagons et nous n'avons plus de locomotive. Ils sont certainement partis changer les pneus à leur tour. Gwéna en profite pour se faire une soupe de légumes, avec des biscottes en guise de croûton, ça passe bien !! Carole se contente de biscottes sèches !! Il est déjà 00h30 passé. Nous allons nous coucher, nous attendons juste le départ du train pour que Carole puisse aller aux toilettes avant de dormir. Elle trouve tout de même le moyen de faire un micro sieste pendant les vingt dernières minutes avant le départ. Gwéna lis toujours son bouquin et la réveille avant le départ. Une grande secousse nous indique que la locomotive est revenue, et c'est partis. Petit pipi pour Carole, extinction des feux, et bonne nuit...


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