L\'histoire d\'un pays

03/06/2014 - Pays : Chili - Imprimer ce message

Réveil très tôt pour Gwéna qui n'a vraiment pas passé une bonne nuit, son dos le fait trop souffrir, il ne tient plus dans le lit et se lève à 7h30. Il en profite pour skyper Florence pendant presque 1h15, dans le froid polaire de la cuisine. Vers 8h45, un gars de l'auberge vient le prévenir qu'il va préparer le petit déjeuner et qu'il peut descendre, Gwéna lui dit qu'il viendra dans un quart d'heure. Dix minutes plus tard le gars revient à la charge en lui disant que le café est prêt, ok merci, j'arrive. Gwéna passe par la chambre déposer le pc, Carole est tout juste réveillée. Gwéna se propose de sortir acheter du pain car d'après les autres françaises le petit déjeuner n'est pas très copieux. Il prend donc le porte feuilles et se dirige vers la porte. Au même moment le gars entre dans la chambre pour venir chercher Gwéna. Pas le choix, il doit le suivre. Ils descendent donc tous les deux et en arrivant dans la cuisine du bas son café est prêt dans une tasse avec un sandwich à côté, le gars l'installe même dans sa chaise. Bon et bien tant pis, pas de baguette fraîche pour Carole. Un café soluble pas trop mauvais et un... non mais c'est quoi ce truc ? Ah oui, un sandwich aux œufs. Petite explication culinaire. Casser deux œufs dans une poêle avec du beurre et les faire cuire à feux doux en remuant. Quand les œufs sont à peine cuit (œufs brouillés) les disposer dans un bout de baguette, et voilà un magnifique sandwich aux œufs pour le petit déjeuner. A vrai dire ce n'est pas mauvais mais un peu bourratif. Gwéna finit son petit déjeuner et remonte voir si Carole arrive à sortir du lit.

Elle descend au même moment. Nous nous installons donc dans la deuxième cuisine polaire, Carole n'a pas de petit déjeuner de prêt et le gars n'est plus là. Elle part donc à la recherche de quelqu'un pour savoir comment ça se passe pour qu'elle déjeune. Un gars pas très sympathique, collé à son pc vient lui montrer dans la cuisine. Alors ici il y a des œufs, ici du café soluble et ici la bouilloire. Et il repart en lui disant qu'une fille devrait arriver et qu'elle doit attendre. Carole ne sait pas quoi en penser, il faut donc attendre qu'un fille embauche pour avoir un café. Sachant que le petit dej' est servi normalement de 9h à 11h et qu'il est 9h45 désormais... Bizarre !! Pour le coup, elle ne veut pas attendre 1h, il fait un froid de canard et elle a faim. Pour le coup, elle chope le thé qu'il y a sur la table et elle monte se chercher le bout de pain du qu'il nous reste, les bananes et le beurre... Elle se fait un thé nature, 2 mini grillées de pain au beurre et se contente de ça pour le moment. Pendant ce temps, Gwéna continue nos publications sur internet et nous met quasiment totalement à jour. On regarde aussi nos photos de la veille et on se dit encore une fois qu'on a traversé l'un des plus beaux paysages...

Ah tiens, une fille arrive. Elle nous demande un truc. Carole ne comprend pas tout, elle répète. Ah ok, Gwéna a petit déjeuner mais pas moi. Ok, elle a du mal à comprendre. Elle demande si Carole a eu du pain... Carole ne comprend pas, et elle dit oui. Ah ok, la fille tique alors et rechigne à lui faire son petit déjeuner. Carole ne sait pas comment dire que c'était le sien tout en disant qu'elle n'a pas manger. Du coup, elle dit qu'elle n'a pas compris et qu'elle s'est levée après Gwéna et que personne ne lui a préparé quoi que ce soit... De quoi énervé Carole qui se sent légèrement agressée dès le matin, le froid n'arrangeant rien. Sans rire, en bonnet dans une cuisine, vous avez déjà vu ça vous ? Bref, quelques instants plus tard, une tasse d'eau chaude et un sandwich aux œufs, elle finit par réclamer du café soluble. Merci !! Enfin elle mange tranquillement, et ça fait du bien... En parallèle Gwéna continue sur internet.

Nous voici de nouveau en haut, il y fait un peu meilleur. Ce froid saisissant n'arrange pas le mal de dos de Gwéna, qui le lance véritablement. Carole ne sait que faire, elle est désespérée de le voir ainsi. Pour le coup, elle lui dit qu'une bonne douche chaude ne pourrait pas faire de mal. Il y va alors doucement, l'idée de se cailler les miches après un bon moment de chaleur n'est pas joyeux. Et surtout, rien que le fait d'enlever ses chaussettes est une torture... Et surprise, pas d'eau chaude. Une française remonte et s'apprête à prendre une douche. On la prévient. Elle nous répond alors qu'elle avait oublié, mais c'est sa propre machine qui tourne... Dans 15 minutes, elle est finie. Cool. Alors on discute de tout et de rien et elle nous donne quelques bons plans sur des choses à visiter dans la ville. Ah ça y'est, Gwéna file à la douche. Il y restera un long moment... Ceci dit, Carole ne dit rien, elle ne l'a jamais vu aussi mal... Cependant, quand elle entend l'eau se couper, elle ne traîne pas à le prévenir que Charline attend d'y aller pour sortir après et que la nana qui fait le ménage est aussi passé pour savoir si c'était libre. Il ressort un peu mieux mais pas vaillant. Carole lui montre des exercices d'étirements et de drainages qu'elle a trouvé sur internet et il avale aussi 2 paracétamols.

Après pas mal de blabla, on se décide à manger avant de sortir, et oui, il est midi. On avance doucement mais sûrement, ceci dit, avec un seul et unique chauffage à pétrole qui se situe dans notre chambre, quand on veut faire la moindre chose, il faut se motiver, et on est vite beaucoup plus lents... Nous passons donc en cuisine pour nous faire cuire des pâtes, Gwéna s'occupe de décortiquer le poulet. Nous faisons en même temps la connaissance d'un chilien qui vit aux Etats Unis. Nous discutons tout en nous préparant à manger puis à table. Un petit épisode du zapping en mangeant bien chaud c'est royal. Puis nous retournons dans la chambre pour préparer le sac pour sortir. Pour aujourd'hui, nous n'emmenons rien d'autre que l'appareil photo car c'est Carole qui va le garder toute la journée sur le dos et puis on ne va rien faire d'extraordinaire, normalement. Gwéna enfile un tshirt de plus pour ne pas avoir froid et en route. Il ne fait pas plus de 13°C aujourd'hui, alors on trace. Nous marchons un petit moment pour rejoindre le musée de la mémoire, qui retrace l'histoire du pays.

Après 15 minutes de marche, nous y voilà. Nous entrons nous mettre au chaud. Ah non en fait, toujours pas de chauffage ici, on se met donc au frais. Nous attendons quelques instants que le gars de l'accueil mette notre sac dans un casier, et nous voici à commencer la visite de ce lieu sur 3 étages. Premier étape, une suite de pays qui ont monté un genre de commission d'entraide pour lutter contre les abus des droits de l'homme. De la torture, des disparitions, une encontre à la liberté et tout autre choses... Ca commence bien... On poursuit avec une expo de tous les mémoriaux présents dans le pays, pour diverses raisons. Et il y en a beaucoup. Nous sommes donc mis dans le bain, ce musée risque de ne pas être facile.

Premier étage. Nous entrons dans une salle où il fait 15°C. Ca c'est pour le détail. Il y a face à nous des articles de journaux, parfois en français, et pleins de vidéos avec une frises explicative du 11 septembre 1973. Hein hein !! Et il s'est passée quoi ? Car nous ne connaissons absolument rien à l'histoire de ce pays. On sort donc nos bases d'espagnols, Carole traduit l'anglais et on se cale devant les vidéos. On comprend alors ce coup d'état, ce moment où Pinochet et l'Armée on renversé Salvador Allende, communiste en bombardant le Palais de la Moneda. Il n'a pas fait les choses à moitié ce coco... Puis, on en regarde plusieurs, les premiers discours, les arrestations des marxistes ou toutes assimilation de marxisme. On découvre au fur et à mesure de notre visite toutes les disparition et l'instauration progressive d'une dictature, et la frayeur de la population. Nous passons un long moment à tout observer, lire ce que nous pouvons essayer de comprendre un maximum de choses... Plus nous avançons et plus l'exposition est dure. La dernière salle de cette étage est interdite aux jeunes non accompagnés. C'est une salle obscure et petite, la mise en scène est là. C'est une description des fusillades et des fosses communes. Où ils ont retrouvés des ossements et des corps. En 1988, il y en avait encore. Puis la dernière partie, Gwéna se met à lire un bouquin qui explique la façon dont les prisonniers et prisonnières étaient torturées, par des chocs électriques baignés dans une baignoire remplie d'eau... Et Carole écoute les commentaires des derniers survivants qui sont diffusés sur un grand écran. C'est poignant et ça nous rappelle aussi l'histoire des mères de la Place de Mai en Argentine, qui ont recherchés leurs enfants disparus pendant très longtemps, dont les parents ont été torturés, tués puis jetés dans un fleuve... L'histoire sud américaine n'est pas des plus glorieuses...

Nous montons au dernier étage. On a face à nous un mur de portraits, une partie des personnes disparues pendant cette tragique période. Il y a aussi quelques cierges. Puis, on passe à une révolte estudiantine. Là, on a pas compris grand chose, mais on en a déduit que le mouvement de rébellion contre Pinochet et sa dictature est parti d'eux. Certains ont été enlevés, brûlés... La torture et la frayeur continue. Mais il y a aussi ce mouvement international de solidarité, avec beaucoup de pays qui soutiennent le Chili et sa population. Le secours populaire français et beaucoup d'associations européennes se mobilisent... Enfin, nous passons dans la dernière salle. Salle de réjouissance, la fin de la dictature, la liste des noms de tous les exilés qui peuvent revenir aux pays, les élections et la liberté d'un peuple délivré !! Un joli musée qui nous en a appris beaucoup... (y compris que l'Indonésie fut une dictature sans même qu'on le sache. Il faut vraiment qu'on regarde ce film qu'on nous a conseillé en Indonésie, The Act of Killing).

On récupère notre sac et nos manteaux. On étudie ce que l'on va aller voir après. Nous regardons ce qu'il y a autour de nous pour ne pas avoir à traverser toute la ville. Il y a quelques trucs à voir sur la route du retour dont la brasserie nationale, parfait. Nous parcourons différentes rues, il y a des tags absolument partout, plus ou moins jolis. Nous trouvons de belles petites rues avec des maisons de toutes les couleurs, c'est chouette. Nous passons ensuite devant ''le coiffeur français'', et direction la brasserie. Ah, plus de brasserie ni de local des artistes. Les bâtiments paraissent même abandonnés depuis des dizaines d'années pour certain. La carte que nous avons entre les mains ne doit pas être d'hier !! Carole organise notre visite de façon à arriver juste à côté du centre commercial. Nous faisons quelques courses, chocolat, jus d'ananas, bière et pommes noisettes, le rêve. Nous rentrons ensuite en recevant deux ou trois gouttes.

Il est 17h30, nous sommes dans notre lit à regarder un film quand la pluie arrive vraiment. Les deux françaises arrivent à leur tour et bien trempées, il doit bien pleuvoir maintenant... Notre film se termine, nous enfilons nos bonnets et manteaux, les filles nous demande si nous sortons. Non, nous allons juste dans la cuisine... Nous nous préparons nos pommes noisettes avec du poulet et de la mayonnaise avec en dessert bananes avec du chocolat fondu. Nous regardons encore quelques épisodes du zapping puis direction le lit. Nous nous installons dans le lit pour regarder ''Enquêtes exclusives'' sur les préparatifs de la coupe du monde. Ça rame trop, nous en regardons la moitié et dodo. Carole regagne son lit au dessus et bonne nuit à tout le monde. On croise les doigts pour que le dos de Gwéna s'arrange.




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Santiago
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